Conferences

Historical Materialism Paris 2027

1st Jul 2027 10:00 - 3rd Jul 2027 7:00

Le nouveau monde. Impérialisme, fascisme et lutte des classes

Historical Materialism Paris

Appel à communications

1er-3 Juillet 2027

 

Intensification des conflits armés – du Venezuela à l’Iran, en passant par la Palestine et l’Ukraine – et montée en puissance des mouvements néo-fascistes – tant en France qu’au Brésil, en Inde et aux États-Unis : le nouveau monde ressemble fortement à l’ancien. La première édition d’Historical Materialism Paris, à laquelle avaient participé plus de 1 200 personnes en 2025, avait placé au cœur des débats la dynamique de la catastrophe et les moyens de la conjurer. Plus que jamais, il est aujourd’hui nécessaire de renforcer l’analyse marxiste des logiques impérialistes et de la progression des courants fascistes et autoritaires, et de ce qu’elles révèlent des tendances longues du capitalisme et des transformations de l’antagonisme de classe. Ce sera l’enjeu central de Historical Materialism Paris 2027, qui accueillera aussi des communications variées sur divers aspects de l’analyse marxiste (voir Axes).

Comment analyser cette radicalisation des tensions ? En quoi est-elle liée à une transformation des rapports de classe ? Quels sont ses effets sur les conditions matérielles d’existence et les formes de luttes qui émergent contre les lois mortifères du profit ? Autrement dit, comment peut-on articuler l’analyse de la montée des extrêmes-droites et des tensions impérialistes avec les dynamiques contemporaines de la lutte des classes ? Comment l’accroissement des concurrences et rivalités inter-impérialistes, l’augmentation des budgets militaires et le retour de logiques militaristes reconfigurent-t-ils les régimes de travail et les processus d’accumulation du capital ?

Afin d’aborder ces questions, il est impératif de repenser l’imbrication entre lutte des classes et impérialisme, à rebours des nombreuses explications géopolitiques qui attribuent l’éclatement des conflits tantôt à une soif de puissance supposée irrémédiable des États, tantôt aux dispositions momentanées des dirigeants politiques. Ces grilles de lecture – individualisantes et anhistoriques – mystifient les dynamiques à l’œuvre dans la conjoncture mondiale actuelle et désarment les résistances.

L’intensification des guerres et des conflits témoigne ainsi des difficultés croissantes du capital à résoudre ses contradictions (approvisionnement en pétrole et en terres rares, concurrence autour de la maîtrise de l’intelligence artificielle, baisse des profits et nécessité d’accroître l’exploitation). Elle révèle le caractère prédateur du mode de production capitaliste, qui épuise les ressources, accélère le dérèglement climatique et provoque des catastrophes écologiques. 

Les effets de ces contradictions se font sentir dans les pays dominés par les puissances impérialistes, premières victimes des guerres et des déplacements de population. Mais elles agissent aussi en retour sur les conditions de vie et de travail dans les pays agresseurs : en alimentant la xénophobie et le racisme, en intensifiant l’exploitation du travail et les attaques contre le travail reproductif, en justifiant les politiques d’austérité au nom des exigences de la militarisation et en restreignant les libertés civiles et l’espace culturel et médiatique. En somme, l’aggravation des logiques impérialistes et les tendances autoritaires, voire fascistes, vont de pair. Cette simultanéité appelle à approfondir l’analyse du triptyque classe, impérialisme, fascisme. 

Historical Materialism Paris est un lieu de rencontre et de débats à la croisée entre milieux universitaires et militants. L’analyse de ces dynamiques invite ainsi à poursuivre et mettre à jour les débats sur l’orientation stratégique des luttes sociales. Dans ce contexte de montée des tensions et des périls à l’échelle internationale, où en sont les mobilisations contre l’exploitation et les diverses formes d’oppression ? Que deviennent les cycles et recompositions récents de mobilisations antiracistes, féministes et écologistes ? Et des révoltes populaires, en Iran, en Turquie, en Irlande, au Népal, à Madagascar, au Maroc, ou, encore, aux États-Unis contre l’ICE ? En quoi ces expériences peuvent-elles éclairer les débats stratégiques et nourrir les formes actuelles de lutte contre la guerre, d’organisation et de résistance contre la montée de l’extrême-droite et les régimes autoritaires ou fascistes ?

Nous invitons les intervenant·es – universitaires ou militant·es – à proposer des panels (1 500 mots maximum) ou des communications (300 mots maximum), en français ou en anglais, portant notamment sur le thème général de l’appel ou les axes suivants (en indiquant un axe dans lesquels s’inscrit la proposition), avant le 2 novembre 2026

Une communication consiste en une proposition d’intervention individuelle. Un panel rassemble trois à quatre propositions d’interventions individuelles, qui portent sur un même sujet ou se caractérisent par des traits communs justifiant l’organisation de leur communication dans une même séance pendant la conférence.

La conférence aura lieu du 1er au 3 juillet 2027 dans une université en région parisienne. Des informations plus précises sur le lieu et les modalités de soumission des abstracts et panels seront communiquées en septembre 2026.

Pour nous contacter : parishistoricalmaterialism@gmail.com. Toute proposition de communication envoyée par mail ne sera pas prise en compte.

 

Comité d’organisation : Marion Beauvalet, Carlotta Benvegnù, Elsa Boulet, Sebastian Budgen, Benjamin Bürbaumer, Juan Sebastian Carbonell, Alexis Cukier, Yohann Douet, Davide Gallo Lassere, Fanny Gallot, Marina Garrisi, Paul Guilibert, Thierry Labica, Ernest Moret, Ugo Palheta, Anton Perdoncin, Quentin Ravelli, Marlène Rosano-Grange, Gabriel Rosenman, Maud Simonet, Karel Yon

Comité scientifique : Sofia Aouani, Hanna Benssussan, Sophie Béroud, Clémence Clos, Alice de Charentenay, Franck Freitas-Ekué, Isabelle Garo, Cécile Gintrac, François-Xavier Hutteau, Aurore Koechlin, Mary Le Corre, Frédéric Monferrand, Matthieu Renault, Daniel Veron, Nicolas Vieillescazes, Sbeih Sbeih, Alix Stephan

The New World: Imperialism, Fascism, and Class Struggle

Historical Materialism Paris

Call for Papers

1-3 July 2027

 

With the intensification of armed conflicts—from Venezuela to Iran, via Palestine and Ukraine—and the rise of neo-fascist movements—in France, Brazil, India, and the United States alike—the new world bears a striking resemblance to the old. The first Historical Materialism Paris conference, attended by more than 1,200 people in 2025, placed the dynamics of catastrophe and the means to avert it at the centre of its debates. Now, more than ever, it is necessary to strengthen the Marxist analysis of imperialist logics and the rise of fascist and authoritarian currents, and of what they reveal about the long-term trends of capitalism and the transformations of class antagonism. This will be the central focus of Historical Materialism Paris 2027, which will also feature a variety of presentations on various other aspects of Marxist analysis (see Themes).

How can we analyse this radicalisation of tensions? How is it linked to a transformation of class relations? What are its effects on the material conditions of existence and the forms of struggle emerging against the life-endangering laws of profit? In other words, how can we link the analysis of the rise of the far right and imperialist tensions to contemporary dynamics of class struggle? How are the intensification of inter-imperialist competition and rivalries, the increase in military budgets, and the resurgence of militarist logics reshaping labour regimes and processes of capital accumulation?

To address these questions, it is imperative to rethink the intertwining of class struggle and imperialism, contrary to the many geopolitical explanations that attribute the outbreak of conflicts either to a supposedly irrepressible thirst for power on the part of states or to the momentary whims of political leaders. These frameworks—which are individualistic and ahistorical—obscure the dynamics at work in the current global context and undermine resistance.

The intensification of wars and conflicts thus reflects capital’s growing difficulties in resolving its contradictions (supply of oil and rare earth metals, competition over control of artificial intelligence, the falling rate of profit, and the need to increase exploitation). It reveals the predatory nature of the capitalist mode of production, which depletes resources, accelerates climate change, and causes ecological disasters. 

The effects of these contradictions are felt in countries dominated by imperialist powers, which are the primary victims of wars and population displacements. But they also have a reciprocal effect on living and working conditions in the aggressor countries: by fuelling xenophobia and racism, by intensifying labour exploitation and attacks on reproductive labour, by justifying austerity policies in the name of militarisation, and by restricting civil liberties and cultural and media spaces. In short, the intensification of imperialist logic and authoritarian—even fascist—tendencies go hand in hand. This simultaneity calls for a deeper analysis of the triad of class, imperialism, and fascism. 

Historical Materialism Paris is a space for encounter and debate at the intersection of academic and activist circles. Analysing these dynamics thus invites us to continue and update the debates on the strategic direction of social struggles. In this context of rising tensions and dangers on an international scale, where do the mobilisations against exploitation and various forms of oppression stand? What has become of the recent cycles and realignments of anti-racist, feminist, and environmental mobilisations? And what about the popular uprisings in Iran, Turkey, Ireland, Nepal, Madagascar, Morocco, or, indeed, in the United States against ICE? How can these experiences shed light on strategic debates and inform current forms of struggle against war, as well as organisation and resistance against the rise of the far right and authoritarian or fascist regimes?

We invite speakers—academics or activists—to submit proposals for panels (maximum 1,500 words) or individual presentations (maximum 300 words), in French or English, focusing, in particular, on the general theme of this call for papers or the following streams (please indicate which stream your proposal falls under), before 2 November 2026

A paper consists of a proposal for an individual presentation. A panel comprises three to four proposals for individual presentations that address the same topic or share common characteristics justifying their inclusion in the same session during the conference.

The conference will take place from 1 to 3 July 2027, at a university in the Paris region. More detailed information on the venue and the procedures for submitting abstracts and panel proposals will be provided in September 2026.

To contact us: parishistoricalmaterialism@gmail.com. Any presentation proposals sent by email will not be considered. 

 

Organising Committee: Marion Beauvalet, Carlotta Benvegnù, Elsa Boulet, Sebastian Budgen, Benjamin Bürbaumer, Juan Sebastian Carbonell, Alexis Cukier, Yohann Douet, Davide Gallo Lassere, Fanny Gallot, Marina Garrisi, Paul Guilibert, Thierry Labica, Ernest Moret, Ugo Palheta, Anton Perdoncin, Quentin Ravelli, Marlène Rosano-Grange, Gabriel Rosenman, Maud Simonet, Karel Yon

Scientific Committee: Sofia Aouani, Hanna Benssussan, Sophie Béroud, Clémence Clos, Alice de Charentenay, Franck Freitas-Ekué, Isabelle Garo, Cécile Gintrac, François-Xavier Hutteau, Aurore Koechlin, Mary Le Corre, Frédéric Monferrand, Matthieu Renault, Daniel Veron, Nicolas Vieillescazes, Sbeih Sbeih, Alix Stephan

Axes 

  • Liste des axes

(Voir développements ci-dessous)

  • Racisme et racialisation
  • Mutations du capitalisme
  • Migrations, frontières, espaces
  • Féminismes, genre et sexualités
  • Validisme
  • État et droit
  • Théorie marxiste
  • Mouvement ouvrier, luttes sociales, organisations
  • Fascisme et antifascisme
  • Impérialisme
  • Écologie
  • Culture et médias
  • Travail, exploitation et reproduction sociale
  • Éducation, enseignement supérieur et recherche
  • Utopies et alternatives
  • Le marxisme et le Sud global

 

  • Racisme et racialisation

L’analyse du racisme est marquée depuis plusieurs années par une série de discussions importantes : d’une part l’appel à prendre en considération les formes croisées et combinées des rapports de classe, de genre et de race, d’autre part les débats historiques et sociologiques autour des liens entre capitalisme et racisme dans leurs formations et fonctionnements respectifs. 

L’ancienneté de ces débats dans la pensée marxiste est attestée par les études pionnières d’intellectuels marxistes sur les rapports entre capitalisme et esclavage, le sous-développement du continent africain, la révolution anticoloniale et anti-esclavagiste haïtienne, la formation de la blanchité, ou encore l’analyse du capitalisme racial en Afrique du Sud par des militants et intellectuels marxistes noirs.

L’essor des analyses utilisant la catégorie de « race » est aussi liée à diverses formes de mobilisation qui ont percuté les organisations syndicales et politiques ouvrières en posant le problème de la prise en compte des dimensions raciales de l’exploitation et des dominations, et de collectifs mobilisés autour de ces questions. Une question demeure : comment mobiliser concrètement les concepts de race, de racisme et/ou de racialisation dans le cadre d’une analyse marxiste des rapports de domination et d’exploitation ?

Afin d’aborder cette question, cet axe accueille des contributions autour des thématiques suivantes (non limitatives) :

  • Le concept de capitalisme racial, ses intérêts et ses limites ;
  • Les rapports entre racisme, formation des classes sociales et dynamiques historiques du capitalisme ;
  • Les rapports entre racialisation, exploitation de la force de travail et l’ensemble des rapports de domination ;
  • Les luttes anti-racistes et leurs rapports éventuels avec d’autres types de luttes sociales et politiques ouvrières ;
  • Le racisme comme politique ou instrument des gouvernements bourgeois. 

 

  • Mutations du capitalisme

Cet axe invite à interroger les transformations contemporaines du capitalisme sans perdre de vue ses permanences structurelles.

Reconfigurations du capital et de ses formes de domination

Une première série de contributions pourra porter sur les mutations des formes que prend le capital lui-même. La configuration actuelle a fait naître une série de concepts qu’il s’agit de discuter.

  • Comment les débats sur l’épuisement de l’onde longue du capitalisme et sur les nouveaux régimes d’accumulation sont-ils reposés par le ralentissement tendanciel des gains de productivité — ou la remise en cause de la pertinence même de cette notion dans des économies de services à main-d’œuvre féminisée, racisée, et sous-payée ?
  • Quelles sont les points d’entrée possibles pour discuter des reconfigurations du rapport entre capital productif, capital financier et numérique (technoféodalisme, seconde financiarisation, capitalisme d’État, capitalisme politique, capitalisme de surveillance…) ?
  • Un capitalisme fondé sur les énergies renouvelables est-il viable ? Ou bien la contrainte des ressources, la dépendance aux matériaux critiques et les logiques d’échange (écologique) inégal condamnent-ils tout projet de « capitalisme vert » à reproduire, sous une forme renouvelée, l’exploitation du travail, en particulier des corps non masculins et non blancs — exploitation qui est surexploitation dans les pays des Suds globaux, mais aussi pour une part de plus en plus conséquente des travailleurs et travailleuses dans les centres d’accumulation capitaliste ? 

Économie politique et recompositions idéologiques

On ne saurait analyser les mutations du capitalisme sans examiner leurs corrélats politiques et idéologiques.

  • Quelles sont les relations entre néolibéralisme, libertarianisme et libéralisme autoritaire ? 
  • Comment des phénomènes matériels comme la militarisation croissante, la récurrence de l’inflation, des dynamiques de marchandisation, la pression accrue sur des domaines comme la culture ou l’enseignement façonnent la recomposition idéologique du capitalisme ? 
  • Comment des phénomènes mondiaux comme l’ouverture de nouvelles frontières de valorisation – l’espace extra-atmosphérique, les océans et les ressources du Grand Nord, … –, le néocolonialisme, le numérique et la hiérarchie monétaire internationale orientent le débat politique à l’échelle nationale et les relations entre pays ? 

 

  • Migrations, frontières, espaces

Cet axe vise à interroger les dynamiques spatiales du capitalisme (au prisme des migrations). Les déplacements par-delà les frontières de millions de migrantes et de migrants sont à la fois le produit des déséquilibres globaux générés par la domination impérialiste et le développement du capitalisme à l’échelle mondiale, et une nécessité pour des secteurs entiers des économies capitalistes à l’échelle locale, nationale ou régionale. La production de l’espace, la circulation des marchandises et de la force de travail, les processus d’urbanisation et les bouleversements induits par les guerres sont ainsi au cœur des tensions économiques et politiques, dans une période de radicalisation des tensions impérialistes.

L’enjeu est double. D’une part, il s’agit de renouveler l’étude du rôle de l’immigration dans les sociétés capitalistes d’aujourd’hui et d’hier, du point de vue des pays d’arrivée et de départ, au Nord comme au Sud. D’autre part, il s’agit de confronter le matérialisme historico-géographique et l’analyse matérialiste des migrations afin d’étudier les formes passées et actuelles de contrôle des espaces et des circulations, en lien avec les luttes qui les contestent. Comment penser ensemble la gestion sécuritaire des migrations qui génère chaque année des milliers de morts, l’exploitation capitaliste de la force de travail de celles et ceux qui malgré tout franchissent les frontières, la manière dont ces enjeux constituent un des carburants de la montée des extrêmes-droites, mais également le potentiel émancipateur des luttes populaires qui – à l’instar des mobilisations anti-ICE à Minneapolis aux États-Unis – contestent la répression des personnes migrantes, en générant des formes nouvelles de solidarités et d’appropriation de l’espace ?

Afin d’aborder ces questions, cet axe accueille des contributions autour des thématiques suivantes (non limitatives) :

  • Renouvellement des relations centres/périphéries : rapports ville/campagnes, formes contemporaines de l’impérialisme, migrations Nord-Sud et Sud-Sud ; 
  • Migrations, frontières et politiques sécuritaires ; 
  • Migrations et guerres impérialistes ;
  • Capitalisme, crises écologiques et déplacements de population ; 
  • Migrations, travail et recompositions des classes ;
  • Migrations et besoins de main-d’œuvre : encadrements, secteurs, qualifications des travailleuses et travailleurs migrantes ;
  • Migrations et lutte des classes : cause immigrée, mobilisations de travailleuses et travailleurs immigrés, xénophobie, racisme et nationalisme ;
  • Pratiques de solidarité internationale, accueil des migrantes et migrants ; 
  • Renouvellement ou intensification des formes d’accumulation et d’appropriation de l’espace : financiarisation, privatisation de l’espace, marchandisation des communs.

 

  • Féminismes, genre et sexualités

Dans un contexte de crise globale du système capitaliste, qui comprend également une crise de la reproduction sociale, le contexte français et international est marqué par une polarisation de la situation d’un point de vue féministe. 

D’un côté, les mobilisations féministes internationales, notamment contre les violences sexistes et sexuelles, entamées la décennie précédente, se maintiennent, ainsi que leurs acquis. De l’autre, on assiste à une véritable exacerbation des attaques contre les femmes et les minorités de genre, qui prennent place dans une montée en puissance des logiques réactionnaires et autoritaires. 

Divers mouvements politiques et culturels (« trad wives », influenceurs et penseurs masculinistes, etc.) promeuvent la mise au pas des femmes et la répression des personnes LGBTQ au nom d’un retour fantasmé à la « tradition » ou à la « nature ». La cause féministe est instrumentalisée pour légitimer l’oppression des personnes trans ou celle des minorités raciales. L’autonomie des femmes est menacée par le renouvellement des politiques pro-natalistes qui combinent promotion de la maternité et entraves aux droits reproductifs (accès à l’avortement, à la contraception). 

Face à cela, des résistances s’organisent et des alliances se tissent pour lutter contre la montée réactionnaire. La nouvelle vague féministe, commencée dans les années 2010, ne disparaît pas : elle constitue à ce titre l’un des acteurs stratégiques centraux dans la lutte contre l’extrême droite. 

L’axe « Féminismes, genre et sexualités » accueille avec intérêt des propositions portant sur les thématiques suivantes :

  • L’analyse de l’état du mouvement féministe international aujourd’hui ;
  • La crise de la reproduction sociale ;
  • Les mobilisations conservatrices et les résistances qui s’y opposent ;
  • L’instrumentalisation de la cause féministe ou de la cause LGBTQ à des fins réactionnaires ou néolibérales et les contre-attaques opposées par le mouvement féministe ;
  • La militarisation et les mobilisations anti-guerre ;
  • Les violences à l’encontre des femmes et des minorités de genre, en particulier dans des contextes de guerre ;
  • Les attaques contre les droits reproductifs, le renouveau du natalisme et les luttes pour la justice reproductive ;
  • Les effets des crises économiques sur les femmes et les minorités de genre ;
  • Les enjeux stratégiques dans la situation d’un point de vue féministe. 

Ces thématiques sont indicatives. Nous encourageons les communications empiriques portant sur des études de cas historiques ou contemporains, sur des mobilisations, sur des productions artistiques… Les retours d’expériences d’un point de vue militant sont tout autant les bienvenus que les propositions scientifiques.

 

  • Validisme

Le handicap est une question éminemment politique, qui renvoie à l’organisation de la société et à la hiérarchisation entre individus : injonction à intégrer les rapports d’exploitation salariale pour être des individus « productifs » et « autonomes », mise à l’écart des individus jugés non-productifs, différenciation des droits et des conditions matérielles d’existence selon la situation de handicap ou l’état de santé. Le handicap est à la fois le produit du capitalisme – par ses exigences normatives qui classent les corps et les esprits – et le résultat du capitalisme, dans de nombreux cas : accidents du travail, maladies professionnelles, etc. 

De plus, le handicap est politique dans la mesure où des mouvements progressistes ou réactionnaires s’en emparent. Du côté des revendications émancipatrices, on peut citer les exemples de la culture sourde et le renouveau des mouvements antivalidistes en France. A l’extrême-droite, le « suprématisme aspie » défendu par des figures comme Elon Musk entend retourner le stigmate qui pèse sur les personnes autistes en revendiquant qu’une petite fraction d’entre elles constitue une élite particulièrement performante dans le cadre du capitalisme néolibéral.

L’axe « Validisme » accueille avec intérêt des propositions portant sur les thématiques suivantes :

  • Les théories du handicap et de l’émancipation des personnes handicapées ;
  • Les mobilisations réactionnaires autour des enjeux liés au handicap ou à l’état de santé ;
  • Les mobilisations des personnes en situation de handicap ;
  • L’articulation entre classe sociale, exploitation et handicap.

Ces thématiques sont indicatives. Nous encourageons les communications empiriques portant sur des études de cas historiques ou contemporains, sur des mobilisations, sur des productions artistiques… Les retours d’expériences d’un point de vue militant sont tout autant les bienvenus que les propositions scientifiques. 

  • État et droit

Depuis les interventions massives des États après la crise de 2008 jusqu’au réarmement en cours de toutes les principales puissances géopolitiques en passant par le management de la pandémie, les recherches critiques sur l’État et sur le droit, en particulier celles d’inspiration marxiste, ont connu un regain d’intérêt, pour des raisons autant théoriques que pratiques. Dans cet axe, nous proposons de les approfondir notamment selon les trois problématiques suivantes :

  • État, exploitations, dominations : l’une des interrogations structurant les approches marxistes de l’État est celle de son rapport avec l’exploitation capitaliste. Dans quelle mesure l’État est-il un instrument aux mains des capitalistes, ou remplit-il des fonctions capitalistes pour des raisons structurelles ? Quelle est la spécificité des États capitalistes, par rapport aux États antiques et féodaux par exemple ? Quel rôle et quelle fonction pour le droit dans le mode de production capitaliste ? Comment penser la question de l’autonomie relative de l’État et du droit ? De tels problèmes, que l’on trouve en germe chez Marx et Engels eux-mêmes, et qui ont donné lieu à des controverses célèbres (entre Miliband et Poulantzas par exemple) doivent être examinés à nouveaux frais en raison des mutations historiques du capitalisme contemporain. Ces différentes approches peuvent du reste être enrichies en prenant également en considération le rapport de l’État à d’autres systèmes de domination, en premier lieu le patriarcat et le racisme systémique.
  • Les transformations de l’État : le rôle et les interventions de l’État doivent être appréhendés historiquement, et ses transformations réinscrites dans le cadre des transformations sociales et économiques. Il s’agit notamment d’analyser, d’une part, la mise en place et le développement de l’État social au cours du XXe siècle, et, d’autre part, sa remise en cause par le néolibéralisme. Est-ce que le néolibéralisme autoritaire correspond à un nouveau type d’État ? Est-ce que les crises économiques et écologiques contemporaines appellent un « retour de l’État », avec de plus forts investissements et une certaine dose de planification ? Comment penser les remises en cause actuelles de l’État de droit ? Quelles transformations de l’État ont correspondu aux fascismes historiques, et qu’est-ce que les processus de fascisation que l’on peut discerner dans différentes régions du monde impliquent pour l’État (renforcement, captation, dislocation, etc.) ? Dans quelle mesure le rôle du droit international et des organisations internationales se transforme-t-il en lien avec les mutations du capitalisme contemporain et des rapports de force géopolitiques ? 
  • Que faire de l’État ? Si les États auxquels étaient confrontés Marx et Engels apparaissent incontestablement comme des ennemis, la mise en place des institutions et dispositifs constitutifs de l’État social, et les attaques de celui-ci par le néolibéralisme, rendent les débats stratégiques plus complexes. Comment, sans abandonner une critique anticapitaliste de l’État, défendre l’État social contre les attaques néolibérales ? Comment promouvoir des luttes par en bas, sans abandonner le terrain étatique, lequel semble aujourd’hui difficilement contournable ? Quel bilan tirer des deux vagues de gouvernements dits progressistes en Amérique Latine ? En un mot : quelle stratégie face à l’État et au sein de l’État ?

 

  • Théorie marxiste

Les post-marxismes, qui tendent à réduire le marxisme à une tradition dont on pourrait se contenter de tirer arbitrairement quelques éléments en faisant abstraction des autres, imposent de s’interroger sur ses spécificités. 

D’une part, le marxisme constitue un cadre théorique général permettant d’analyser la réalité humaine dans toutes ses dimensions, un projet de science humaine totale articulant l’étude de toutes les sphères sociales (économie, politique, culture et idéologie, etc.) et même naturelles (métabolismes socio-écologiques). Mais comment comprendre une telle articulation, et ne risque-t-on pas d’écraser la réalité sociale sur une seule de ses dimensions (réductionnisme, économicisme). 

D’autre part, le marxisme constitue une critique de la réalité sociale établie visant à la renverser, et est en ce sens indissociable d’une lutte politique. Comment comprendre l’unité de la théorie et de la pratique qui est censé le caractériser ? Ne risque-t-elle pas de nuire à sa rigueur intellectuelle ? Et quelles modifications du cadre théorique doivent être acceptées pour suivre les changements historiques (problème de l’historicisme) ? 

Cet axe rassemblera des interventions s’interrogeant sur les spécificités du marxisme par rapport aux autres théories sociales critiques, ainsi qu’à la manière dont il peut ou non être articulé avec elles. Il s’agira donc notamment de revenir sur l’histoire des débats philosophiques au sein du marxisme, ainsi qu’avec d’autres auteur·ices et courants (kantisme, hégélianisme, existentialisme, structuralisme et post-structuralisme, féminismes, théories queer, théories postcoloniales et décoloniales, écologie politique et pensées du vivant, etc.). 

  • Mouvement ouvrier, luttes sociales, organisations

Si le marxisme fait des luttes de classes le moteur de l’histoire humaine, les luttes qui caractérisent la période actuelle reflètent plus spécifiquement le contexte de tensions impérialistes et de fascisation. Le soulèvement populaire contre le régime iranien, par exemple, s’est rapidement heurté à l’intervention impérialiste américano-israélienne. Quant à la mobilisation exemplaire de la population de Minneapolis contre ICE, elle éclaire brutalement la radicalisation raciste et répressive du pouvoir états-unien. 

Dans ce contexte, il s’agit non seulement de résister pied à pied aux assauts du capitalisme autoritaire et guerrier, mais également de dessiner des pistes stratégiques pour parvenir à inverser le rapport de forces. Le cycle de luttes qu’a traversé la France ces dernières années illustre justement la diversité des formes de mobilisation et les possibles dynamiques de recomposition d’un camp social : de la révolte des Gilets jaunes en 2018, à la campagne unitaire de la gauche suite à la dissolution de 2024, en passant par la grève interprofessionnelle sur les retraites et les révoltes contre les crimes policiers en 2023. 

La diversité des luttes sociales a longtemps été subsumée sous la catégorie de mouvement ouvrier, au risque d’écraser la pluralité des résistances au capitalisme. Or, de nombreux mouvements sociaux et soulèvements populaires entretiennent désormais un rapport distant aux organisations censées représenter la classe laborieuse. 

La traditionnelle notion marxiste de « mouvement ouvrier » a-t-elle encore un sens aujourd’hui ? Dans quelle mesure ses formes institutionnalisées dans les partis et syndicats sont-elles bousculées par le mouvement actuel de la lutte des classes ? Cette transformation s’inscrit-elle dans un nouvel esprit du militantisme adapté à la restructuration des sociétés sous l’emprise néolibérale ? Dans quelle mesure modifie-t-elle la nature de la lutte et, de ce fait, favorise-t-elle l’émergence de nouveaux acteurs, de nouveaux cadres d’action, d’un nouveau langage militant et de nouvelles revendications ? 

Plus largement, comment pérenniser les transformations produites par les mouvements sociaux ? Quelles expressions programmatiques, quelles traductions institutionnelles, quelles échelles d’intervention ?

À distance des organisations traditionnelles, de nombreuses luttes mettent à l’épreuve une hypothèse autonome entendant, sinon faire l’économie de l’organisation, au moins repenser celle-ci en termes nouveaux. Peut-on dépasser la dichotomie entre horizontalité et verticalité des luttes ? Quels enjeux stratégiques se logent dans ces questions d’organisation ? 

Selon des degrés divers, la répression et la violence politique reviennent comme une question de premier plan pour les acteur·ices des luttes sociales. Comment ces enjeux de protection et d’auto-défense sont-ils saisis dans les organisations et les différents secteurs du mouvement social ? 

Cet axe propose ainsi de faire dialoguer des interventions sur le mouvement ouvrier, les luttes sociales et les formes d’organisation, provenant aussi bien d’expériences militantes que de recherches universitaires en sociologie, histoire ou science politique par exemple.

  • Fascisme et antifascisme

Ces dix dernières années, une série de phénomènes ont contribué à remettre les questions du fascisme et de l’antifascisme au premier plan des discussions au sein de la gauche et du marxisme : de l’émergence de nouvelles extrêmes droites (Trump, Milei, etc.) à l’extrêmisation des droites (néolibérales et néoconservatrices), du durcissement autoritaire des États capitalistes à l’explosion des actes terroristes commis par des militants suprémacistes, des progressions et victoires électorales de l’extrême droite à la guerre génocidaire menée par l’État colonial israélien contre Gaza. 

Alors que le débat marxiste autour du fascisme paraissait anesthésié, figé dans des oppositions rituelles et des catégories généralement héritées de l’entre-deux-guerres, de nombreux travaux ont permis une réappropriation, un enrichissement et un renouvellement des questionnements, des outils conceptuels et des hypothèses théoriques et stratégiques. On se propose ainsi dans cet axe d’avancer sur les questions suivantes (sans que cette liste soit exhaustive) :

  • Comment caractériser les extrêmes droites contemporaines ? La catégorie de fascisme (ou de néofascisme ou encore de fascisme tardif) est-elle pertinente pour les penser, mais à partir de quelle compréhension du fascisme, ou doit-on recourir à d’autres catégories (droite radicale, populisme de droite, postfascisme, bonapartisme, nationalisme du désastre, etc.) ?
  • Quelles sont les bases sociales de ces extrêmes droites ? En particulier, quels rapports ces forces entretiennent-elles avec le capital et ses différentes fractions ? Comment ces forces parviennent-elles à s’enraciner dans le corps social ? Quels sont les vecteurs de progression électorale, idéologique, culturelle et militante de ces forces politiques ?
  • Dans quelle mesure les transformations en cours des États capitalistes peuvent-elles être saisies comme des dynamiques de fascisation, ouvrant la voie à de nouveaux États d’exception, ou ne doit-on y voir que la continuation des processus de dé-démocratisation associés au capitalisme néolibéral ?
  • Lorsque les extrêmes droites sont au pouvoir, quelles transformations impulsent-elles, en particulier dans les formes d’intervention de l’État, les rapports de classe, les droits démocratiques, les politiques environnementales, ou encore les droits des femmes et des minorités ? Sous quelles conditions les résistances populaires et antifascistes peuvent-elles les faire reculer, voire leur imposer des défaites ?
  • Quel rôle jouent spécifiquement l’impérialisme et le racisme, en particulier sous la forme de l’islamophobie dans le monde occidental, dans les processus de durcissement autoritaire et la montée des extrêmes droites ?
  • Comment les extrêmes droites se saisissent-elles des questions environnementales, entre défense inconditionnelle du capitalisme fossile (carbo-fascisme) et appels à bâtir une écologie identitaire (éco-fascisme), et quel rôle peuvent jouer les mouvements écologistes dans l’antifascisme aujourd’hui ?
  • Quelles transformations peut-on mettre en évidence dans les politiques de genre et sexuelles des extrêmes droites, du fascisme historique jusqu’aux différents courants actuels de l’extrême droite ?
  • Comment penser un antifascisme ajusté à la période ? Quel rôle peut-il (ou doit-il) jouer dans la reconstruction de la politique d’émancipation aujourd’hui et quels devraient être ses principaux axes d’intervention ?
  • Impérialisme

De l’Iran au Groenland en passant par le Venezuela et la Palestine, les initiatives des États-Unis d’Amérique ont souvent été interprétées comme le résultat de décisions irrationnelles, d’influences étrangères (russes, israéliennes…), voire de la folie de Donald Trump. L’originalité des théories marxistes et leur pertinence actuelle consistent à voir l’impérialisme comme « l’expression politique de l’accumulation du capital » plutôt qu’une survivance de formes archaïques de violences. Cette approche vise donc à la fois à comprendre la radicalisation des tensions géopolitiques mais aussi les dimensions structurelles du développement inégal. 

Bien que l’hégémonie états-unienne soit aujourd’hui en déclin, les États-Unis conservent de nombreux attributs qui les placent loin devant leurs concurrents potentiels : qu’il s’agisse des dépenses militaires, de l’exportation de capital, du contrôle du seul commandement militaire intégré, du nombre de bases militaires à l’étranger, des tentatives de conquête territoriale, etc. Cette situation inédite conduit à prolonger les théories de l’impérialisme tout en renouvelant leur examen concret. Cet axe vise à rassembler ces réflexions théoriques et travaux d’analyse, tout en les articulant aux questions stratégiques qui se posent aujourd’hui aux luttes anti-impérialistes.

  • Comment penser l’impérialisme aujourd’hui ? Quelles approches privilégier : les théories de l’Empire/l’État transnational ? Celles du super-impérialisme américain ? Ou celles qui lisent les affrontements actuels comme le retour de rivalités inter-impérialistes ?
  • Quels sont les ressorts et les transformations de l’impérialisme français ?
  • Comment, à travers leurs interventions à l’étranger, les États impérialistes transforment-ils leur propre société (militarisme, infrastructures productives en particulier énergétiques, racisme, autoritarisme, fémonationalisme, rapports de classe, etc.) ?
  • Comment les évolutions de l’industrie de l’armement transforment-elle les théories marxistes de l’absorption du surplus ? De quoi le réarmement global est-il le nom ? Quelles en sont les conséquences ?
  • Quelles stratégies anti-impérialistes mettre en œuvre ou renforcer dans la conjoncture actuelle ? Comment penser la solidarité internationaliste à l’heure du génocide à Gaza ?
  • Écologie

La guerre impérialiste en Iran a rappelé les contraintes énergétiques qui pèsent sur l’accumulation du capital. Le blocage du détroit d’Ormuz et des ports iraniens, les frappes sur les infrastructures pétrolières et gazières témoignent, s’il en était besoin, de la centralité de l’économie fossile dans la conquête de l’hégémonie mondiale. La crise des fertilisants et des engrais azotés qui s’en suit montre que l’impérialisme fossile impose des contraintes matérielles à tous les secteurs capitalistes. La radicalisation impérialiste globale s’ancre dans une tendance à la multiplication des ressources nécessaires au développement des forces productives. L’accaparement des ressources naturelles est un enjeu central des rivalités entre puissances. Elles s’accompagnent d’un approfondissement des échanges écologiques inégaux et d’une reconfiguration des luttes écologistes contre le militarisme et l’extractivisme.

C’est dans ce contexte que, après une importante période de relecture écologique du corpus canonique, de nouveaux programmes de recherche en écologie politique marxiste se développent. Ils portent, entre autres, sur les modèles économiques de post-croissance et la planification écologique, sur les effets socio-métaboliques des politiques extractivistes, sur le rôle du prolétariat et des travailleur·ses dans la bifurcation écologique, sur la compatibilité entre les politiques de conservation de la biodiversité et les luttes anticapitalistes. Cet axe vise à rassembler des études concrètes, des réflexions théoriques et des approches stratégiques inspirées par les visions marxistes de l’écologie politique, contribuant ainsi à élucider la signification des controverses internes et leur rôle pour une stratégie révolutionnaire en écologie.

  1. Comment analyser les processus de réarmement et la remilitarisation en cours d’un point de vue écologiste ? Comment s’opposer à l’« écologie de guerre » et développer des nouvelles luttes à la fois écologistes et anti-impérialistes ?
  2.   Comment analyser les dynamiques d’échange écologique inégal ? Dans quelle mesure cela nous invite-t-il à repenser la militarisation des territoires et le militarisme environnemental ?
  3. Dans quelle mesure le concept de « racisme environnemental » est-il utile pour critiquer ces processus, à différentes échelles et cela dans les Nords comme dans les Suds globaux ?
  4. Quelle est la catégorie la plus appropriée pour penser le rapport entre extrême droite et crises écologiques : écofascisme, carbo-fascisme, négationnisme climatique, nationalisme vert, pétro-masculinisme, accélérationnisme réactionnaire… ?
  5.   Peut-on dire qu’à présent les pouvoirs en place ont renoncé à la transition écologique ? Est-ce qu’une telle transition a jamais été amorcée ? Comment thématiser le cadre idéologique qui accompagne la gouvernance climatique aujourd’hui ?
  6. Comment penser les usages et les rôles des technologies dans les causes et les réponses aux crises environnementales et climatiques ? Constituent-elles un levier de transformation ou un obstacle ? Dans quelle mesure relèvent-elles du technosolutionnisme, de l’éco-modernisme ou sont-elles indispensables à l’écosocialisme ?
  7. Comment penser une stratégie de bifurcation agroécologique ? De ce point de vue, comment caractériser en termes de composition de classe le travail dans le domaine de l’agriculture et les mouvements récents des agriculteurs·ices et paysan·nes ?
  8. Comment articuler les luttes écologistes aux conflits et enjeux politiques du travail ? Quelles perspectives ouvre l’éco-syndicalisme face aux transformations du capitalisme contemporain ? Comment analyser l’émergence de nouvelles mobilisations écologistes (désobéissance civile, luttes territoriales, mouvement climat, alliances avec les travailleur·euses) et leurs rapports avec les organisations syndicales et partis politiques ?
  9. Comment penser aujourd’hui les rapports entre planification écologique, décroissance, démondialisation et socialisation des moyens de production ? Quels débats stratégiques traversent les perspectives écosocialistes autour de la planification démocratique, de la réduction de la production et de la consommation, et des formes de coordination économique alternatives aux marchés ?
  10. Au sein de l’écomarxisme et plus spécifiquement de la lecture écologique de Marx quelles sont les lignes de clivage théoriques et politiques qui ont caractérisé les débats récents ?
  • Culture et médias

La culture est affaire de lutte de classes. À plus forte raison une culture intégrée dans des empires médiatiques qui concentrent un pouvoir considérable sur la presse, les médias d’information audiovisuels, le cinéma et l’édition. 

L’offensive tous azimuts menée aujourd’hui par le groupe Bolloré, en ce qui concerne la France, rappelle le précédent du groupe bâti par Rupert Murdoch à partir des années 1980. Dans le même temps, par le biais de leurs fondations, certains géants du luxe (Bernard Arnault, François Pinault, etc.) ont fait main basse sur le secteur de l’art contemporain. De même pour les gestionnaires de fonds d’actifs. S’intéresser aux idéologies réactionnaires défendues par certains grands propriétaires ne suffit pas ; il faut aussi examiner ce que la concentration capitaliste fait à l’art, à la culture et à l’information, en cessant de voir dans les pouvoirs publics un contrepoids ou un recours : au contraire, n’en ayant plus la volonté ni les moyens, ils accompagnent, voire encouragent, le processus de marchandisation et de monopolisation qui régit aussi bien la production de « contenus » que leur distribution au public. 

C’est de ce point de vue matérialiste que nous proposons de venir interroger le monde culturel et médiatique, et ce non pas avec un regard défaitiste, mais également pour esquisser les contours de structures et de formes émancipées du capitalisme et de l’État. Si les innovations esthétiques radicales sont à observer et analyser de prêt, à la fois comme manifestations contemporaines du retournement des contraintes mais aussi exploration historique des gestes passés, il est important de venir également s’intéresser aux nouvelles propositions, comme le stream, certains nouveaux médias indépendants, ou encore des créateur·ices de contenu. 

  • Comment la concentration médiatique a-t-elle transformé les conditions de la production culturelle et de sa réception ?
  • Comment le capital produit-il une nouvelle culture, subsumant les concepts d’art et de culture apparus au XIXe siècle et les agrégeant avec l’information, la mode et la publicité ?
  • Quel rôle a joué l’État, à différents échelons, dans ces processus ?
  • Comment cela a-t-il transformé la condition des travailleur·ses de ces secteurs ? Quels fronts de lutte se dessinent ?
  • Qu’est-il advenu des avant-gardes et des cultures oppositionnelles ?
  • Comment est-il possible d’imaginer une rupture avec cette culture du capital ? Que pourrait être une culture populaire, émancipée de l’industrie ?
  • Quelles lectures matérialistes est-il possible de faire de la situation, en particulier d’une perspective féministe, antiraciste et/ou décoloniale ?
  • Quel regard (gaze) et donc représentations, construit les œuvres et quelles sont les brèches qui peuvent être dessinées à partir du positionnement situé et incarné des auteur·ices ?

 

  • Travail, exploitation et reproduction sociale

Le travail est un enjeu très présent dans le débat public et ce, sur plusieurs plans de manière différente. Que ce soit par un cadrage réactionnaire (la valeur travail, plus précisément ce qui est considéré comme produisant de la valeur et quelle valeur) et les politiques de détricotage des droits sociaux (RSA, plein emploi). Que ce soit par une économie de la promesse, qui s’impose désormais dans de nombreux secteurs : des stages, en passant par le bénévolat, qu’il s’agisse du travail marchand et non-marchand. Le gouvernement du travail s’opère à travers un contrôle de plus en plus fort (sur les chômeur·es par exemple), contrôle qui bénéficie du développement des outils de gestion. Ces différentes formes de mise au travail sont traversées par des enjeux de classe, de race et de genre. De plus, elles s’inscrivent dans des processus de disciplinarisation de la force de travail, de régulation du marché du travail et de division internationale du travail. 

Parmi les principaux facteurs qui transforment actuellement le rapport capital-travail se trouve l’intelligence artificielle (IA). Celle-ci reconfigure les organisations du travail et les chaînes de commandement à travers le management algorithmique. Au-delà des discours sur le chômage technologique, elle salarise de nouvelles populations, principalement dans les pays du Sud, à travers le micro-travail. Plus largement, le numérique et les enjeux de souveraineté technologique font partie des enjeux du monde du travail aujourd’hui, à partir de la question de la propriété et la gestion des données en entreprise. En outre, sans exagérer la nouveauté, l’IA pose des questions centrales sur la production et la captation de la valeur dans l’entreprise, sur la transformation des métiers et des qualifications, et sur la place du travail intellectuel sous le capitalisme. 

Enfin, de façon transversale, le concept d’exploitation reprend progressivement sa place dans les analyses critiques de l’économie en permettant notamment de penser l’articulation entre travail productif et travail reproductif comme élément déterminant du capitalisme. Posées depuis cet angle, les discussions théoriques et politiques sur le concept d’exploitation en ouvrent alors d’autres sur les frontières de la classe laborieuse et leur androcentrisme. Attaqué, dans ce qu’il a de plus socialisé, le travail reproductif se retrouve pourtant aujourd’hui à nouveau sur le devant de la scène politique et militante : il est soit brandi et valorisé dans une approche individualisante/individualisée fémonationaliste (« trad wives », « réarmement démographique »), soit mobilisé par des groupes féministes afin de le visibiliser et de l’inclure dans une stratégie de transformation sociale. 

Cet axe vise donc à rassembler des contributions (qu’elles découlent de travaux académiques ou non) s’inscrivant au sein de ces débats, et interrogeant les formes contemporaines du travail et de l’exploitation, en lien avec les transformations du capitalisme, à partir notamment des concepts liés aux questions de : 

  • Reproduction sociale ; 
  • Contrôle, organisation et division du procès de production ; 
  • Changement technologique au travail, IA et numérique ; 
  • Mise au travail des populations et exploitation.
  • Éducation, enseignement supérieur et recherche

Dans la mesure où s’y reproduisent inégalités et rapports de domination, l’école et l’université constituent aujourd’hui des terrains centraux des luttes sociales et politiques. Les logiques de mise en concurrence et de privatisation fragilisent le service public d’éducation, tandis que se creusent les inégalités entre établissements, entre territoires et entre publics scolaires. 

Cette évolution s’appuie également sur la dévalorisation de métiers largement féminisés, comme ceux des AESH ou des ATSEM, dont les mobilisations récentes ont mis en lumière la précarité des conditions de travail, les faibles rémunérations et le manque de reconnaissance institutionnelle de fonctions pourtant essentielles à l’inclusion scolaire et à la prise en charge quotidienne des élèves. Les enjeux matériels de l’éducation apparaissent également à travers l’état du bâti scolaire, souvent dégradé et inadapté aux défis écologiques contemporains (en particulier des canicules de plus en plus fréquentes), alors même que les établissements devraient constituer des lieux privilégiés de sensibilisation et d’expérimentation de la transition écologique. 

Ces questions invitent à interroger plus largement les fonctions sociales de l’institution scolaire. Depuis plusieurs décennies, de nombreux travaux ont montré que l’école ne se contente pas de transmettre des savoirs : elle contribue aussi à la reproduction des rapports sociaux de classe, de genre et de race. Les pédagogies alternatives, les expérimentations démocratiques ou encore les réflexions sur la participation des élèves constituent autant de tentatives pour faire de l’école un espace d’émancipation plutôt que de reproduction sociale et de domination institutionnelle. 

Dans ce contexte, les débats autour de la laïcité occupent une place croissante. Depuis le début des années 2000, celle-ci a connu une transformation nette par rapport à la loi de 1905, en faisant de plus en plus un principe d’interdiction, d’exclusion et de stigmatisation visant particulièrement les élèves musulmanes, notamment à travers les paniques identitaires relatives aux tenues vestimentaires. Les controverses autour de l’Éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS) illustrent également les résistances à une école qui ambitionnerait de lutter contre les discriminations, de promouvoir l’égalité entre les sexes et de reconnaître la diversité des parcours et des identités.

Ces débats s’inscrivent enfin dans une offensive plus large des droites conservatrices et de l’extrême droite contre l’institution scolaire et universitaire, contre toute liberté académique, accusées de diffuser des valeurs jugées trop égalitaires, féministes, antiracistes ou écologistes (« wokisme »), voire d’être complice d’un « entrisme islamiste » (« islamo-gauchisme »). Cette offensive réactionnaire s’articule avec la dynamique de marchandisation dans le plan xénophobe « Bienvenue en France » qui impose une hausse massive des droits d’inscription pour les étudiants étrangers. Hausse appelée à se généraliser du fait du sous-financement généralisé des universités, qui contraste avec des subventions massives au privé lucratif. Les conditions de travail se dégradent et la précarité se développe, et tout est fait pour inféoder la recherche aux intérêts de l’industrie et des secteurs technologiques, notamment de l’IA, au détriment de toute perspective démocratique ou écologique. 

Cependant, et malgré un mouvement étudiant très fragilisé, cet agenda néolibéral et fascisant avance pas aussi vite qu’attendu en France, laissant entrevoir des capacités de résistance. Les enjeux éducatifs apparaissent indissociables d’un projet de transformation sociale visant à faire de l’école et de l’université un lieu de démocratisation des savoirs, d’égalité réelle et d’émancipation individuelle et collective.

  • Utopies et alternatives

L’axe « Utopies et alternatives » accueille les contributions portant sur les utopies liées aux luttes pour l’émancipation et sur les alternatives à l’organisation capitaliste, patriarcale, productiviste et impérialiste de la production et de la reproduction sociale. Il s’agit notamment de décrire et d’analyser les expériences politiques et modalités d’organisation économique, passées ou présentes, relevant de la socialisation — conseils ouvriers et conseils sociaux, coopératives, autogestion, reconversions dirigées par les travailleur·euses ou les habitant·es, planification, zones à défendre, communalisme, monnaies locales, sécurités sociale… – et de questionner les stratégies de rupture susceptibles de les faire advenir. 

Classiquement, on peut penser qu’une organisation non-capitaliste de la production et de la reproduction sociale appelle à la fois une planification étatique de la bifurcation écologique, et des modes de coordination démocratiques déplaçant ou remplaçant le marché de sa position centrale dans la validation de l’utilité sociale des travaux. Mais un certain nombre de débats stratégiques – réactualisés pour faire face aux enjeux stratégiques du moment, notamment écologistes et antifascistes – se posent au sujet du rapport entre ces deux dimensions :

  • Comment articuler concrètement autogestion et planification ?
  • Faut-il choisir entre les modèles de l’extension du réseau des alternatives socio-économiques (« par en bas ») et celui de la réappropriation démocratique des décisions politiques (« par en haut ») ?
  • En quoi pourraient consister des institutions écosocialistes (ou qualifiées avec un autre terme issu des marxismes et des luttes pour l’émancipation), depuis les échelles locales jusqu’à l’échelle internationale ?
  • Comment penser les modalités techniques de la mise en œuvre de la planification écologique (alternatives aux normes comptables dominantes et aux indicateurs de richesse traditionnels) ?

Une autre série de questions porte sur l’idée même d’utopie.

  • En quel sens le marxisme peut-il penser, produire, promouvoir des utopies, sans retomber dans les travers d’abstraction des rapports sociaux et d’irénisme critiqués en son temps par Marx à propos des socialismes utopiques ?
  • Les catégories d’« utopie concrète » d’Ernest Bloch ou d’« utopie réelle » d’Erik Olin Wright sont-elles utiles pour penser la portée révolutionnaire d’expériences concrètes et la création d’imaginaires de rupture avec l’ordre établi ? 
  • Faut-il assumer la dimension nécessairement utopique de l’émancipation sociale à l’échelle planétaire visée par les marxismes, à l’heure où s’accélèrent, au contraire, les guerres, destructions et catastrophes ?

On pourra, enfin, analyser la question de la récupération et de l’instrumentalisation capitaliste des alternatives et des aspirations à l’utopie.

  • Quelles transformations récentes des politiques publiques relèvent de mouvements d’intériorisation des critiques anticapitalistes ?
  • Comment ces transformations, reprenant à leurs compte certains syntagmes de la pensée alternative, participent-elles à reproduire le capitalisme plutôt qu’à le dépasser ? On peut penser à la récupération de l’idée de gestion communautaire des biens communs par le gouvernement britannique de David Cameron dans le but de réduire les dépenses de l’État liées aux services publics, comme l’ont montré Silvia Federici et Georges Caffentzis. Ou encore, aux différentes politiques françaises à visée écologique et/ou démocratique (mise en place d’un « Secrétariat général à la planification écologique », Convention citoyenne pour le climat), dont les prérogatives sont ajustées et limitées de manière à ne pas remettre en cause les fondements du capitalisme écocidaire.

 

  • Le marxisme et le Sud global

Si le marxisme classique du XIXe siècle et de la première moitié du XXe siècle s’est concentré sur la théorie de l’impérialisme pour penser les rapports entre pays du « Nord » (le « centre » capitaliste) et du « Sud » (la « périphérie »), la décolonisation, les expériences de développement autocentré, le néocolonialisme ont donné lieu à une production théorique extrêmement riche.

En plus d’avoir nourri les réflexions stratégiques des luttes de libération nationale et des expériences concrètes de gouvernement dans les pays du Sud, ces théories ont également été mobilisées dans les pays du centre afin de penser les formes contemporaines de dépendance à l’heure de la mondialisation, y compris dans des espaces comme l’Union européenne. 

À l’heure de la fin latente de l’hégémonie des États-Unis confrontée à l’émergence de la Chine, il apparaît nécessaire de se saisir de ces outils théoriques, tout en les actualisant, afin d’analyser la situation contemporaine et mieux identifier les marges de manœuvre qu’elle ouvre ou referme. Cette réflexion implique notamment de revenir sur la question de l’État et de la souveraineté nationale telle qu’elle a été pensée depuis le Sud, mais aussi sur les rapports de classes et les formes particulières de luttes au Sud.

Toutes les contributions abordant les victoires des années 1970, les raisons de la défaite, les comparaisons avec la période actuelle, les révisions théoriques des outils marxistes du développement inégal, ainsi que les perspectives stratégiques et tactiques portées par des organisations politiques et syndicales, sont les bienvenues.

Les propositions pourront notamment porter sur les axes suivants :

  • Quelles sont les particularités de l’articulation entre rapports de classes, luttes sociales, pouvoir politique et dépendance dans les pays du Sud ?
  • Quelles sont les stratégies politiques permettant de briser le sous-développement ?
  • Comment la Chine, pays du Sud, a-t-elle défié les pronostics issus des théories de l’échange inégal ?
  • Chine, BRICS : quelle est la nature de leur contre-pouvoir face aux États-Unis ? Relèvent-ils d’une forme de dépendance vis-à-vis des États-Unis, d’une logique inter-impérialiste, d’une dynamique contre-hégémonique ou d’une orientation anti-impérialiste ?
  • Quels sont les effets du 7 octobre sur l’ordre régional et mondial ?
  • Une « déconnexion » de la mondialisation est-elle possible pour un pays du Nord ?
  • Quel type de coopération avec les pays du Sud pourrait être envisagé si un candidat de la gauche de rupture prend le pouvoir ?

Streams 

  • List of streams (See below for details)

  • Racism and Racialisation
  • Changes in Capitalism
  • Migration, Borders, Spaces
  • Feminisms, Gender, and Sexualities
  • State and Law
  • Ableism
  • Marxist Theory
  • The Labour Movement, Social Struggles, and Organisations
  • Fascism and Antifascism
  • Ecology Track
  • Culture and Media
  • Work, Exploitation, and Social Reproduction
  • Education, Higher Education, and Research
  • Utopias and Alternatives
  • Marxism and the Global South
  • Racism and Racialization

For several years now, the analysis of racism has been shaped by a series of important discussions: on the one hand, the call to take into account the intersecting and combined forms of class, gender, and race relations; on the other hand, the historical and sociological debates surrounding the links between capitalism and racism in their respective formations and functions. 

The long history of these debates within Marxist thought is attested to by the pioneering studies of Marxist intellectuals on the relationship between capitalism and slavery, the underdevelopment of the African continent, the Haitian anticolonial and anti-slavery revolution, the formation of whiteness, and the analysis of racial capitalism in South Africa by Black Marxist activists and intellectuals.

The rise of analyses employing the category of “race” is also linked to various forms of mobilisation that have had an impact on labour unions and workers’ political organisations by raising the issue of accounting for the racial dimensions of exploitation and domination, as well as to collectives mobilised around these issues. One question remains: how can the concepts of race, racism, and/or racialisation be concretely applied within the framework of a Marxist analysis of relations of domination and exploitation?

To address this question, this research track welcomes contributions on the following themes (among others):

  • The concept of racial capitalism, its merits and limitations;
  • The relationships between racism, the formation of social classes, and the historical dynamics of capitalism;
  • The relationships between racialisation, the exploitation of labour, and all forms of domination;
  • Anti-racist struggles and their potential connections to other types of social and political workers’ struggles;
  • Racism as a policy or tool of bourgeois governments. 

 

  • Changes in Capitalism

This research area invites us to examine the contemporary transformations of capitalism without losing sight of its structural continuities.

Reconfigurations of capital and its forms of domination

An initial series of contributions may focus on the changing forms that capital itself takes. The current configuration has given rise to a series of concepts that warrant discussion.

  • How are debates about the exhaustion of capitalism’s “long wave” and about new regimes of accumulation being reframed by the trend toward slowing productivity gains—or by the questioning of the very relevance of this concept in service economies reliant on feminised, racialised, and underpaid labour?
  • What are the possible entry points for discussing the reconfigurations of the relationship between productive capital, financial capital, and digital capital (techno-feudalism, second financialisation, state capitalism, political capitalism, surveillance capitalism, etc.)?
  • Is a capitalism based on renewable energy viable? Or do resource constraints, dependence on critical materials, and the logic of unequal (ecological) exchange condemn any project of “green capitalism” to reproduce, in a new form, the exploitation of labour—particularly of non-male and non-white bodies—an exploitation that takes the form of superexploitation in the Global South, but also affects an increasingly significant portion of workers in the centers of capitalist accumulation? 

Political Economy and Ideological Reconfigurations

One cannot analyse the transformations of capitalism without examining their political and ideological correlates.

  • What are the relationships between neoliberalism, libertarianism, and authoritarian liberalism? 
  • How do material phenomena such as increasing militarisation, recurring inflation, commodification dynamics, and mounting pressure on sectors like culture and education shape the ideological reconfiguration of capitalism? 
  • How do global phenomena such as the opening of new frontiers for value extraction—outer space, the oceans, and the resources of the Far North, among others—neocolonialism, digitalisation, and the international monetary hierarchy shape political debate at the national level and relations between countries? 

 

  • Migration, Borders, Spaces

This research area aims to examine the spatial dynamics of capitalism (through the lens of migration). The cross-border movements of millions of migrants are both the result of global imbalances generated by imperialist domination and the development of capitalism on a global scale, and a necessity for entire sectors of capitalist economies at the local, national, or regional levels. The production of space, the circulation of goods and labour, processes of urbanisation, and the upheavals caused by wars are thus at the heart of economic and political tensions, in a period of intensifying imperialist conflicts.

The challenge is twofold. On the one hand, it involves re-examining the role of immigration in capitalist societies—both past and present—from the perspective of both countries of origin and destination, in the North as well as in the South. On the other hand, the aim is to bring together historical-geographical materialism and the materialist analysis of migration in order to study past and present forms of control over spaces and movements, in relation to the struggles that challenge them. How can we collectively address the security-driven management of migration—which claims thousands of lives each year—and the capitalist exploitation of the labour of those who, despite everything, cross borders, the way in which these issues fuel the rise of the far right, and the emancipatory potential of popular struggles that—like the anti-ICE mobilisations in Minneapolis, U.S.—challenge the repression of migrants by generating new forms of solidarity and reclaiming public space?

To address these questions, this track welcomes contributions on the following themes (among others):

  • The transformation of centre-periphery relations: urban-rural dynamics, contemporary forms of imperialism, North-South and South-South migration; 
  • Migration, borders, and security policies; 
  • Migration and imperialist wars;
  • Capitalism, ecological crises, and population displacement; 
  • Migration, labour, and class restructuring;
  • Migration and labour needs: regulatory frameworks, sectors, and qualifications of migrant workers;
  • Migration and the class struggle: the immigrant cause, mobilisations of immigrant workers, xenophobia, racism, and nationalism;
  • Practices of international solidarity, welcoming migrants; 
  • Renewal or intensification of forms of accumulation and appropriation of space: financialisation, privatisation of space, commodification of commons.

 

  • Feminisms, Gender, and Sexualities

Against the backdrop of a global crisis of the capitalist system—which also includes a crisis of social reproduction—the situation in France and internationally is marked by polarisation from a feminist perspective. 

On the one hand, the international feminist movements—particularly those against sexist and sexual violence—that began in the previous decade continue, as do the gains they have achieved. On the other hand, we are witnessing a significant escalation of attacks against women and gender minorities, occurring amid a rise in reactionary and authoritarian ideologies. 

Various political and cultural movements (“trad wives,masculinist influencers and thinkers, etc.) promote the subjugation of women and the repression of LGBTQ people in the name of a fantasised return to “tradition” or “nature.” The feminist cause is exploited to legitimise the oppression of trans people or racial minorities. Women’s autonomy is threatened by the resurgence of pro-natalist policies that combine the promotion of motherhood with restrictions on reproductive rights (access to abortion and contraception). 

In response, resistance movements are organising and alliances are forming to combat this reactionary resurgence. The new wave of feminism, which began in the 2010s, is not going away: as such, it is one of the central strategic forces in the fight against the far right. 

The “Feminisms, Gender, and Sexualities” track welcomes proposals addressing the following themes:

  • An analysis of the current state of the international feminist movement;
  • The crisis of social reproduction;
  • Conservative mobilisations and the resistance opposing them;
  • The instrumentalisation of the feminist or LGBTQ cause for reactionary or neoliberal ends, and the counterattacks mounted by the feminist movement;
  • Militarisation and anti-war mobilisations;
  • Violence against women and gender minorities, particularly in contexts of war;
  • Attacks on reproductive rights, the resurgence of natalism, and the struggles for reproductive justice;
  • The effects of economic crises on women and gender minorities;
  • Strategic issues in the current situation from a feminist perspective. 

These themes are indicative. We encourage empirical papers focusing on historical or contemporary case studies, mobilisations, artistic productions, and more. Firsthand accounts from an activist perspective are just as welcome as scholarly proposals.

  • Ableism

Disability is an eminently political issue, one that relates to the organisation of society and the hierarchies among individuals: the pressure to conform to wage-labour relations in order to be “productive” and “autonomous” individuals, the marginalisation of individuals deemed unproductive, and the differentiation of rights and material conditions of existence based on disability status or health condition. Disability is both a product of capitalism—through its normative demands that classify bodies and minds—and, in many cases, a result of capitalism: workplace accidents, occupational diseases, etc. 

Furthermore, disability is political to the extent that progressive or reactionary movements appropriate it. On the side of emancipatory demands, examples include deaf culture and the resurgence of anti-ableist movements in France. On the far right, “Aspie supremacism”—championed by figures such as Elon Musk—seeks to reverse the stigma attached to autistic people by claiming that a small fraction of them constitute a particularly high-performing elite within the framework of neoliberal capitalism.

The “Ableism” track welcomes proposals addressing the following themes:

  • Theories of disability and the empowerment of people with disabilities;
  • Reactionary movements surrounding issues related to disability or health status;
  • Mobilisations by people with disabilities;
  • The intersection of social class, exploitation, and disability.

These themes are indicative. We encourage empirical papers focusing on historical or contemporary case studies, social movements, artistic productions, and more. Firsthand accounts from an activist perspective are just as welcome as scholarly proposals. 

 

  • State and Law

From massive government interventions following the 2008 crisis to the ongoing rearmament of all major geopolitical powers, and including the management of the pandemic, critical research on the state and the law—particularly that of a Marxist inspiration—has seen a resurgence of interest, for reasons that are both theoretical and practical. In this research area, we propose to explore these topics in greater depth, focusing specifically on the following three issues:

  • State, Exploitation, Domination: One of the central questions underpinning Marxist approaches to the state is that of its relationship to capitalist exploitation. To what extent is the state an instrument in the hands of capitalists, or does it fulfil capitalist functions for structural reasons? What distinguishes capitalist states from, for example, ancient and feudal states? What role and function does law play in the capitalist mode of production? How should we conceptualise the relative autonomy of the state and the law? Such issues—which can be traced back to Marx and Engels themselves and have given rise to famous controversies (between Miliband and Poulantzas, for example)—must be re-examined in light of the historical transformations of contemporary capitalism. These various approaches can, moreover, be enriched by also taking into account the relationship between the state and other systems of domination, primarily patriarchy and systemic racism.
  • The Transformation of the State: The role and actions of the state must be understood historically, and its transformations must be viewed within the context of social and economic changes. This involves, in particular, analysing, on the one hand, the establishment and development of the welfare state during the 20th century, and, on the other hand, its challenge by neoliberalism. Does authoritarian neoliberalism represent a new type of state? Do contemporary economic and ecological crises call for a “return of the state,” with greater investment and a certain degree of planning? How should we think about the current challenges to the rule of law? What transformations of the state corresponded to historical forms of fascism, and what do the processes of “fascisation” discernible in various regions of the world imply for the state (strengthening, co-optation, dislocation, etc.)? To what extent is the role of international law and international organisations changing in relation to the transformations of contemporary capitalism and geopolitical power dynamics? 
  • What should be done about the state? While the states Marx and Engels faced were undeniably enemies, the establishment of the institutions and mechanisms that constitute the welfare state—and the attacks on it by neoliberalism—make strategic debates more complex. How can we defend the welfare state against neoliberal attacks without abandoning an anti-capitalist critique of the state? How can we promote grassroots struggles without abandoning the state arena, which today seems difficult to bypass? What lessons can be drawn from the two waves of so-called progressive governments in Latin America? In short: what strategy should we adopt toward the state and within the state?

 

  • Marxist Theory

Post-Marxist currents, which tend to reduce Marxism to a tradition from which one could simply extract a few arbitrary elements while disregarding the rest, compel us to examine its specific characteristics. 

On the one hand, Marxism constitutes a general theoretical framework for analysing human reality in all its dimensions—a project for a comprehensive human science that integrates the study of all social spheres (economy, politics, culture, and ideology, etc.) and even natural spheres (socio-ecological metabolisms). But how can we understand such an integration, and do we not risk reducing social reality to just one of its dimensions (reductionism, economism)? 

On the other hand, Marxism constitutes a critique of the established social reality aimed at overthrowing it, and is in this sense inseparable from political struggle. How can we understand the unity of theory and practice that is supposed to characterise it? Does this not risk undermining its intellectual rigour? And what modifications to the theoretical framework must be accepted in order to keep pace with historical changes (the problem of historicism)? 

This track will bring together presentations examining the specific characteristics of Marxism in relation to other critical social theories, as well as how it may or may not be articulated with them. In particular, the focus will be on revisiting the history of philosophical debates within Marxism, as well as with other authors and schools of thought (Kantianism, Hegelianism, existentialism, structuralism and poststructuralism, feminisms, queer theories, postcolonial and decolonial theories, political ecology, and theories of the living, etc.). 

  • The Labour Movement, Social Struggles, and Organisations

While Marxism identifies class struggles as the driving force of human history, the struggles characterising the current period more specifically reflect a context of imperialist tensions and fascist tendencies. The popular uprising against the Iranian regime, for example, quickly ran up against U.S.-Israeli imperialist intervention. As for the exemplary mobilisation of the people of Minneapolis against ICE, it starkly illuminates the racist and repressive radicalisation of U.S. power. 

In this context, it is not only a matter of resisting, step by step, the assaults of authoritarian and war-mongering capitalism, but also of charting strategic paths to reverse the balance of power. The cycle of struggles that France has undergone in recent years precisely illustrates the diversity of forms of mobilisation and the possible dynamics for rebuilding a social movement: from the Yellow Vests revolt in 2018, to the united campaign of the Left following the dissolution of the National Assemblyof 2024, including the cross-sectoral strike over pension reforms and the uprisings against police brutality in 2023. 

The diversity of social struggles has long been subsumed under the category of the labour movement, at the risk of overshadowing the plurality of forms of resistance to capitalism. Yet many social movements and popular uprisings now maintain a distant relationship with the organisations supposed to represent the working class. 

Does the traditional Marxist notion of the “labour movement” still mean something today? To what extent are its institutionalised forms within parties and unions being disrupted by the current wave of class struggle? Is this transformation part of a new spirit of activism adapted to the restructuring of societies under neoliberal influence? To what extent does it alter the nature of the struggle and, as a result, foster the emergence of new actors, new frameworks for action, a new language of activism, and new demands? 

More broadly, how can the transformations brought about by social movements be sustained? What programmatic expressions, what institutional manifestations, and what levels of intervention are required?

Apart from traditional organisations, many struggles are testing an autonomous hypothesis that aims, if not to do away with organisation altogether, then at least to rethink it in new terms. Can we move beyond the dichotomy between horizontal and vertical structures in social struggles? What strategic issues are at stake in these questions of organisation? 

To varying degrees, repression and political violence are once again emerging as a primary concern for actors in social struggles. How are these issues of protection and self-defence addressed within organisations and across different sectors of the social movement? 

This track thus aims to foster a dialogue among presentations on the labour movement, social struggles, and forms of organisation, drawing on both activist experiences and academic research in sociology, history, or political science, for example.

  • Fascism and Antifascism

Over the past decade, a series of phenomena has helped bring the issues of fascism and antifascism back to the forefront of discussions within the Left and Marxism: from the emergence of new far-right movements (Trump, Milei, etc.) to the radicalisation of the Right (neoliberal and neoconservative), from the authoritarian hardening of capitalist states to the surge in terrorist acts committed by supremacist militants, from the electoral advances and victories of the Far Right to the genocidal war waged by the Israeli colonial state against Gaza. 

While the Marxist debate on fascism seemed to have stagnated, frozen in ritualistic dichotomies and categories largely inherited from the interwar period, numerous studies have enabled a reappropriation, enrichment, and renewal of the questions raised, as well as of the conceptual tools and theoretical and strategic hypotheses. In this research track, we therefore propose to explore the following questions (though this list is not exhaustive):

  • How can we characterise contemporary far-right movements? Is the category of fascism (or neo-fascism, or even “late fascism”) relevant for analysing them—and, if so, based on what understanding of fascism? Or should we resort to other categories (radical Right, right-wing populism, post-fascism, Bonapartism, “disaster nationalism,” etc.)?
  • What are the social bases of these far-right movements? In particular, what relationships do these forces maintain with capital and its various factions? How do these forces manage to take root in society? What are the drivers of these political forces’ electoral, ideological, cultural, and activist growth?
  • To what extent can the ongoing transformations of capitalist states be understood as dynamics of fascisation, paving the way for new states of exception, or should we view them merely as the continuation of the processes of de-democratisation associated with neoliberal capitalism?
  • When far-right parties are in power, what changes do they drive, particularly in terms of forms of state intervention, class relations, democratic rights, environmental policies, and the rights of women and minorities? Under what conditions can popular and antifascist resistance push them back or even force them into defeat?
  • What specific roles do imperialism and racism—particularly in the form of Islamophobia in the Western world—play in the processes of authoritarian hardening and the rise of the far right?
  • How does the Far Right appropriate environmental issues—ranging from the unconditional defence of fossil-fuel capitalism (“carbo-fascism”) to calls for building an identity-based ecology (“eco-fascism”)—and what role can environmental movements play in anti-fascism today?
  • What shifts can be identified in the Far Right’s gender and sexual policies, from historical fascism to the various contemporary currents of the Far Right?
  • How can we conceive of an anti-fascism adapted to the current era? What role can it (or should it) play in rebuilding the politics of emancipation today, and what should be its main areas of focus?
  • Imperialism

From Iran to Greenland, via Venezuela and Palestine, the United States’ actions have often been interpreted as the result of irrational decisions, foreign influences (Russian, Israeli, etc.), or even Donald Trump’s madness. The originality of Marxist theories and their relevance today lie in viewing imperialism as “the political expression of capital accumulation” rather than a remnant of archaic forms of violence. This approach therefore aims to understand both the radicalisation of geopolitical tensions and the structural dimensions of unequal development. 

Although U.S. hegemony is now in decline, the United States retains many attributes that place it far ahead of its potential competitors: whether in terms of military spending, capital exports, control of the sole integrated military command, the number of military bases abroad, attempts at territorial conquest, and so on. This unprecedented situation calls for both an extension of theories of imperialism and a renewed concrete examination of them. This research track aims to bring together these theoretical reflections and analytical studies, while linking them to the strategic questions facing anti-imperialist struggles today.

  • How should we conceptualise imperialism today? Which approaches should we prioritize: theories of the Empire or the transnational state? Those of American super-imperialism? Or those that interpret current conflicts as the resurgence of inter-imperialist rivalries?
  • What are the driving forces and transformations of French imperialism?
  • How, through their interventions abroad, do imperialist states transform their own societies (militarism, productive infrastructure—particularly energy infrastructure—racism, authoritarianism, femonationalism, class relations, etc.)?
  • How are developments in the arms industry transforming Marxist theories of surplus-value absorption? What does global rearmament signify? What are its consequences?
  • What anti-imperialist strategies should be implemented or strengthened in the current context? How should we conceive of internationalist solidarity in the face of the genocide in Gaza?
  • Ecology Track

The imperialist war in Iran has highlighted the energy constraints weighing on capital accumulation. The blockade of the Strait of Hormuz and Iranian ports, along with strikes on oil and gas infrastructure, demonstrate—if proof were needed—the central role of the fossil fuel economy in the quest for global hegemony. The ensuing crisis in fertilisers and nitrogen-based fertilisers shows that fossil-fuel imperialism imposes material constraints on all capitalist sectors. Global imperialist radicalisation is rooted in a trend toward the increasing demand for resources necessary for the development of the productive forces. The hoarding of natural resources is a central issue in rivalries among world powers. These rivalries are accompanied by a deepening of unequal ecological exchanges and a reconfiguration of environmental struggles against militarism and extractivism.

It is in this context that, following a significant period of ecological reinterpretation of the canonical corpus, new research programmes in Marxist political ecology are emerging. These focus, among other things, on post-growth economic models and ecological planning; on the socio-metabolic effects of extractivist policies; on the role of the proletariat and workers in the ecological bifurcation; and on the compatibility between biodiversity conservation policies and anti-capitalist struggles. This research track aims to bring together concrete studies, theoretical reflections, and strategic approaches inspired by Marxist visions of political ecology, thereby helping to elucidate the significance of internal controversies and their role in a revolutionary strategy for ecology.

  1. How can we analyse the ongoing processes of rearmament and remilitarisation from an ecological perspective? How can we oppose “war ecology” and develop new struggles that are both ecological and anti-imperialist?
  2. How can we analyse the dynamics of unequal ecological exchange? To what extent does this prompt us to rethink the militarisation of territories and environmental militarism?
  3. To what extent is the concept of “environmental racism” useful for developing a critique of these processes, at different scales, in both the Global North and the Global South?
  4. What is the most appropriate category for conceptualising the relationship between the Far Right and ecological crises: ecofascism, carbo-fascism, climate denialism, green nationalism, petro-masculinism, reactionary accelerationism…?
  5. Can we say that those in power have now abandoned the ecological transition? Was such a transition ever even initiated? How can we address the ideological framework that shapes climate governance today?
  6. How should we conceptualise the uses and roles of technologies in the causes of and responses to environmental and climate crises? Do they serve as a lever for transformation or as an obstacle? To what extent do they fall under technosolutionism or eco-modernism, or are they indispensable to ecosocialism?
  7.   How can we conceptualise a strategy for an agroecological shift? From this perspective, how can we characterise, in terms of class composition, labour in the agricultural sector and recent movements among farmers and smallholders?
  8.   How can we link environmental struggles to labour conflicts and political issues? What prospects does eco-syndicalism open up in the face of the transformations of contemporary capitalism? How can we analyse the emergence of new environmental mobilisations (civil disobedience, territorial struggles, the climate movement, alliances with workers) and their relationships with labour unions and political parties?
  9.   How should we conceptualise today the relationships between ecological planning, degrowth, deglobalisation, and the socialisation of the means of production? What strategic debates are shaping ecosocialist perspectives regarding democratic planning, the reduction of production and consumption, and forms of economic coordination that offer alternatives to markets?
  10. Within eco-Marxism—and more specifically, within the ecological interpretation of Marx—what are the theoretical and political fault lines that have characterised recent debates?
  • Culture and Media

Culture is a matter of class struggle. This is all the truer for a culture embedded within media empires that concentrate considerable power over the press, broadcast news media, film, and publishing. 

The all-out offensive currently being waged by the Bolloré Group in France is reminiscent of the precedent set by the media empire built by Rupert Murdoch beginning in the 1980s. At the same time, through their foundations, certain luxury industry giants (Bernard Arnault, François Pinault, etc.) have taken control of the contemporary art sector. The same is true of asset managers. It is not enough to focus on the reactionary ideologies espoused by certain major owners; we must also examine what capitalist concentration does to art, culture, and information, while ceasing to view public authorities as a counterweight or a recourse: on the contrary, having neither the will nor the means to act, they accompany—or even encourage—the process of commodification and monopolisation that governs both the production of “content” and its distribution to the public. 

It is from this materialist perspective that we propose to examine the cultural and media world—not with a defeatist outlook, but also to sketch out the contours of structures and forms emancipated from capitalism and the state. While radical aesthetic innovations deserve close observation and analysis—both as contemporary manifestations of the reversal of constraints and as a historical exploration of past practices—it is also important to turn our attention to new developments, such as streaming, certain new independent media, and content creators. 

  • How has media concentration transformed the conditions of cultural production and its reception?
  • How does capital produce a new culture, subsuming the concepts of art and culture that emerged in the19th century and merging them with information, fashion, and advertising?
  • What role has the state, at various levels, played in these processes?
  • How has this transformed the conditions of workers in these sectors? What fronts of struggle are emerging?
  • What has become of the avant-gardes and oppositional cultures?
  • How is it possible to imagine a break with this culture of capital? What might a popular culture, emancipated from industry, look like?
  • What materialist interpretations of the situation are possible, particularly from a feminist, anti-racist, and/or decolonial perspective?
  • What gaze—and thus what representations—shapes these works, and what gaps can be identified based on the situated and embodied positions of the authors?

 

  • Work, Exploitation, and Social Reproduction

Work is a prominent issue in public debate, and this is true on several levels in different ways. Whether through a reactionary framework (the value of work—more specifically, what is considered to produce value and what kind of value) or through policies that erode social rights (RSA, full employment). Or through an “economy of the promise,” which is now taking hold in many sectors: from internships to volunteer work, whether in the for-profit or nonprofit sectors. The governance of labour operates through increasingly tight control (over the unemployed, for example), a control that benefits from the development of management tools. These various forms of labour mobilisation are intersected by issues of class, race, and gender. Furthermore, they are part of processes of disciplining the workforce, regulating the labour market, and the international division of labour. 

Among the main factors currently transforming the capital-labour relationship is artificial intelligence (AI). AI is reshaping work organisations and chains of command through algorithmic management. Beyond the discourse on technological unemployment, it is bringing new populations into the workforce—primarily in the Global South—through micro-work. More broadly, digital technology and issues of technological sovereignty are among the key challenges facing the world of work today, stemming from the question of data ownership and management within companies. Furthermore, without exaggerating its novelty, AI raises central questions about the production and capture of value within companies, the transformation of occupations and qualifications, and the place of intellectual labour under capitalism. 

Finally, across the board, the concept of exploitation is gradually regaining its place in critical economic analyses, notably by enabling us to consider the relationship between productive labour and reproductive labour as a defining element of capitalism. Viewed from this angle, theoretical and political discussions on the concept of exploitation then open up further debates on the boundaries of the working class and their androcentrism. Under attack in its most socialised form, reproductive labour nevertheless finds itself once again at the forefront of political and activist discourse today: it is either invoked and valorised within an individualising/individualised femonationalist framework (“trad wives,“demographic rearmament”), or mobilised by feminist groups to raise its visibility and incorporate it into a strategy for social transformation. 

This theme therefore aims to bring together contributions (whether academic or not) that engage with these debates and examine contemporary forms of labour and exploitation in relation to the transformations of capitalism, drawing in particular on concepts related to: 

  • Social reproduction; 
  • Control, organisation, and division of the production process; 
  • Technological change in the workplace, AI, and digital technology; 
  • The integration into the labour market of populations and exploitation.
  • Education, Higher Education, and Research

To the extent that inequalities and power dynamics are reproduced within them, schools and universities are today central battlegrounds for social and political struggles. The logic of competition and privatisation is undermining the public education system, while inequalities are widening between schools, between regions, and among student populations. 

This trend is also fuelled by the devaluation of predominantly female-dominated professions, such as those of AESHs and ATSEMs, whose recent protests have highlighted the precarious working conditions, low wages, and lack of institutional recognition for roles that are nonetheless essential to educational inclusion and the daily care of students. The material challenges facing education are also evident in the condition of school buildings, which are often dilapidated and ill-suited to contemporary environmental challenges (particularly increasingly frequent heatwaves), even as schools should serve as prime venues for raising awareness and experimenting with the ecological transition. 

These issues prompt a broader examination of the social functions of the school as an institution. For several decades, numerous studies have shown that schools do more than simply impart knowledge: they also contribute to the reproduction of social relations based on class, gender, and race. Alternative teaching methods, democratic experiments, and reflections on student participation are all attempts to make schools spaces of emancipation rather than of social reproduction and institutional domination. 

In this context, debates surrounding secularism have taken on increasing importance. Since the early 2000s, secularism has undergone a marked transformation from the 1905 law, increasingly becoming a principle of prohibition, exclusion, and stigmatisation targeting Muslim students in particular—notably through identity-based panics surrounding clothing. Controversies surrounding Education for Emotional, Relational, and Sexual Well-being (EVARS) also illustrate resistance to a school system that aims to combat discrimination, promote gender equality, and recognise the diversity of life paths and identities.

Finally, these debates are part of a broader offensive by the conservative Right and the Far Right against schools and universities, and against all academic freedom, which they accuse of spreading values deemed too egalitarian, feminist, anti-racist, or environmentalist (“wokeness”), or even of being complicit in “Islamist entryism ” (“Islamo-leftism”). This reactionary offensive is linked to the drive toward commodification within the xenophobic “Welcome to France” plan, which imposes a massive increase in tuition fees for international students. This increase is set to become widespread due to the generalised underfunding of universities, which stands in stark contrast to massive subsidies for for-profit private institutions. Working conditions are deteriorating and precariousness is on the rise, and every effort is being made to subordinate research to the interests of industry and the technology sectors—particularly AI—at the expense of any democratic or ecological perspective. 

However, despite a severely weakened student movement, this neoliberal and fascist-leaning agenda is not advancing as quickly as expected in France, suggesting that there is still capacity for resistance. Educational issues appear inseparable from a project of social transformation aimed at making schools and universities places for the democratisation of knowledge, real equality, and individual and collective emancipation.

  • Utopias and Alternatives

The “Utopias and Alternatives” section welcomes contributions focusing on utopias linked to struggles for emancipation and on alternatives to the capitalist, patriarchal, productivist, and imperialist organisation of production and social reproduction. This includes, in particular, describing and analysing past and present political experiences and forms of economic organisation related to socialisation—workers’ councils and social councils, cooperatives, self-management, worker- or resident-led restructuring, planning, “ZADs” or “liberated spaces,” communalism, local currencies, social security… – and to examine the strategies for breaking with the status quo that could bring them about. 

Traditionally, one might think that a non-capitalist organisation of production and social reproduction requires both state planning for the ecological transition and democratic modes of coordination that displace or replace the market from its central role in validating the social utility of labour. But a number of strategic debates—revitalised to address the strategic challenges of the moment, particularly environmental and anti-fascist ones—have arisen regarding the relationship between these two dimensions:

  • How can self-management and planning be concretely reconciled?
  • Must we choose between the model of expanding the network of socio-economic alternatives (“from below”) and that of the democratic reappropriation of political decisions (“from above”)?
  • What might ecosocialist institutions (or those described by another term drawn from Marxism and struggles for emancipation) look like, from the local to the international level?
  • How can we conceptualise the technical modalities for implementing ecological planning (alternatives to dominant accounting standards and traditional indicators of wealth)?

Another set of questions concerns the very idea of utopia.

  • In what sense can Marxism conceive of, produce, and promote utopias without falling back into the pitfalls of abstracting social relations and irenicism—criticised in his time by Marx regarding utopian socialism?
  • Are Ernest Bloch’s category of “concrete utopia” or Erik Olin Wright’s “real utopia” useful for thinking about the revolutionary potential of concrete experiences and the creation of imaginaries that break with the established order? 
  • Should we accept the necessarily utopian dimension of the global social emancipation sought by Marxist theories, at a time when, on the contrary, wars, destruction, and catastrophes are accelerating?

Finally, we can analyse the issue of the capitalist co-optation and instrumentalisation of utopian alternatives and aspirations.

  • Which recent transformations in public policy stem from movements that have internalised anti-capitalist critiques?
  • How do these transformations—which adopt certain phrases from alternative thought—contribute to reproducing capitalism rather than transcending it? One example is the co-optation of the idea of community-based management of the commons by David Cameron’s British government, aimed at reducing government spending on public services, as Silvia Federici and Georges Caffentzis have shown. Or consider the various French policies with ecological and/or democratic aims (the establishment of a “General Secretariat for Ecological Planning,” the Citizens’ Convention on Climate Change), whose powers are tailored and limited so as not to challenge the foundations of ecocidal capitalism.

 

  • Marxism and the Global South

While classical Marxism of the19th century and the first half of the 20th focused on the theory of imperialism to analyse the relationships between countries of the “North” (the capitalist “centre”) and the “South” (the “periphery”), decolonisation, self-centred development initiatives, and neocolonialism have given rise to an extremely rich body of theoretical work.

In addition to informing the strategic thinking behind national liberation struggles and concrete experiences of governance in countries of the South, these theories have also been applied in countries of the centre to analyse contemporary forms of dependency in the era of globalisation, including in spaces such as the European Union. 

At a time when U.S. hegemony is in latent decline amid China’s rise, it seems necessary to draw upon these theoretical tools—while updating them—in order to analyse the contemporary situation and better identify the room for manoeuvre that it opens up or closes off. This reflection involves, in particular, revisiting the question of the state and national sovereignty as conceived from the perspective of the Global South, as well as class relations and the specific forms of struggle in the Global South.

We welcome all contributions addressing the victories of the 1970s, the reasons for the defeat, comparisons with the current period, theoretical revisions of Marxist frameworks of unequal development, as well as the strategic and tactical perspectives put forward by political and labour organisations.

Proposals may focus, in particular, on the following themes:

  • What are the specific characteristics of the interplay between class relations, social struggles, political power, and dependency in the Global South?
  • What political strategies can break the cycle of underdevelopment?
  • How has China, a country of the Global South, defied the predictions derived from theories of unequal exchange?
  • China and the BRICS: What is the nature of their counter-power vis-à-vis the United States? Do they represent a form of dependence on the United States, an inter-imperialist logic, a counter-hegemonic dynamic, or an anti-imperialist orientation?
  • What are the effects of 7 October on the regional and global order?
  • Is it possible for a country in the North to “disconnect” from globalisation?
  • What kind of cooperation with countries in the Global South could be envisaged if a radical left-wing candidate comes to power?